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Approche diachronique des parcours scolaires des enfants accueillis en protection de l’enfance. Une succession de difficultés à surmonter

Thèse réalisée et soutenue 10 décembre 2021 par Erica DORLA,

sous la direction de Hélène Join-Lambert.

Membres du jury :

Madame Catherine Blaya, Professeure des Universités en sciences de l’éducation et de la formation, Université Nice Sophia Antipolis.

Madame Bernadette Tillard, Professeure des Universités en sociologie, Université de Lille.

Monsieur Jean-Pierre Pourtois, Professeur émérite, Université de Mons.

Monsieur Gilles Séraphin, Professeur des Universités en sciences de l’éducation et de la formation, Université de Paris Nanterre.

Monsieur Johan Vanderfaeillie, Professeur en psychologie et sciences de l’éducation, Vrije Université de Bruxelles.

Madame Hélène Join-Lambert, Maître de conférences HDR, en sciences de l’éducation et de la formation, Université de Paris Nanterre.

Résumé :

Le caractère déficitaire des trajectoires scolaires des enfants accueillis en protection de l’enfance est aujourd’hui un fait bien établi. Ce phénomène est significatif, persistant et universel. 

L’objectif de cette recherche est d’explorer les facteurs explicatifs influençant la qualité des parcours scolaires des enfants accueillis en protection de l’enfance. Entre origine, construction et consolidation, comment expliquer les inégalités scolaires touchant cette population ?

Cette recherche s’inscrit dans un double mouvement d’analyse. Le premier est diachronique linéaire, à savoir l’évolution des parcours scolaires de la période antérieure au placement jusqu’à la sortie du dispositif. Le deuxième est contextuel, systémique et circulaire en ouvrant un dialogue dynamique interposé entre les différents acteurs concernés, tout au long de la construction de ce phénomène. Le but est d’éclairer les perspectives des acteurs dans un ensemble de représentations et de comportements permettant d’approcher au plus près la complexité du phénomène. Une méthodologie de combinaison d’approches, d’outils et de modes de recueil de données a été retenue : approche quantitative par questionnaires, analyse de textes juridiques et de dossiers administratifs, et approche qualitative par entretiens individuels. 

Quatre étapes d’investigation permettent de suivre l’évolution des parcours scolaires. Premièrement, l’étude de l’antériorité au placement montre la présence de difficultés avant l’entrée dans le dispositif. Les parcours scolaires sont marqués par une rapide accélération des inégalités. Par ailleurs, l’étude du contexte, des caractéristiques du milieu, des représentations et des pratiques des parents concernant l’accompagnement de la scolarité de leur enfant met en évidence un milieu marqué par de nombreuses fragilités.

Deuxièmement, une faible priorité accordée à la scolarité en protection de l’enfance sur le plan institutionnel est relevée.

Troisièmement, dans un contexte de facteurs d’influence multiples, des améliorations des situations scolaires sont relevées au cours du placement. Toutefois, ces améliorations restent mesurées.

Une quatrième étape se focalise sur la perspective des mineurs et jeunes majeurs accueillis en protection de l’enfance. Elle met en évidence la grande présence de projets professionnels mais dans un contexte d’incertitudes à la veille de la sortie des jeunes du dispositif.

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